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La enfante e la miror L'enfant et le miroir
par Jean-Pierre Claris de Florian par Jean-Pierre Claris de Florian
   
Un enfante, elevada en un vileta povre, Un enfant élevé dans un pauvre village
reveni a casa de se jenitores, e es stonada de vide Revint chez ses parents, et fut surpris d'y voir
un miror. Un miroir.
Prima el gusta se imaje; D'abord il aima son image;
e a pos, par un defeto tota propre a un enfante, Et puis, par un travers bien digne d'un enfant,
e an a un person plu grande, Et même d'un être plus grand,
el vole insulta lo cual el gusta, Il veut outrager ce qu'il aime,
el fa a el un grima, e la miror reenvia lo. Lui fait une grimace, et le miroir la rend.
Alora se frustra es estrema; Alors son dépit est extrême;
el mostra a el un punio menasante, Il lui montre un poing menaçant,
El mesma vide ce el es menasada. Il se voit menacé de même.
Nos xico coler comensa, tremante, Notre marmot fâché s'en vient, en frémissant,
bate esta imaje egosa; Battre cette image insolente;
Se manos dole. Se coleria grandi; Il se fait mal aux mains. Sa colère en augmente;
e, furiosa, desperante, Et, furieux, au désespoir,
on vide el ante esta miror, Le voilà devant ce miroir,
criante, plorante, colpante la vitro. Criant, pleurant, frappant la glace.
Se madre, ci ariva, consola el, besa el, Sa mère, qui survient, le console, l'embrasse,
para se ploras, e dise dulse a el: Tarit ses pleurs, et doucement lui dit:
"esce tu no ia grima prima N'as-tu pas commencé par faire la grimace
a acel mal enfante ci causa la tu frustra?" A ce méchant enfant qui cause ton dépit?
"Si." "Regarda aora: tu surie, el surie; – Oui. – Regarde à présent: tu souris, il sourit;
tu tende tu brasos a el, ance el tende los de el a tu; Tu tends vers lui les bras, il te les tend de même;
tu no plu es coler, el no plu coleri. Tu n'es plus en colère, il ne se fâche plus:
Tu vide asi la sinia de la sosia: De la société tu vois ici l'emblême;
la bonia, la malia, es resiprocida a nos." Le bien, le mal, nous sont rendus.